Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /Juin /2009 14:14

Mon histoire ...

 

En couple avec Cédric depuis Août 2001, en ménage depuis septembre 2003, nous avons beaucoup bougé. D'appartement en appartement, cherchant sans cesse, l'endroit ou nous nous sentirions bien. C'est à l'aube de ses 26 ans que Cédric apprend, suite à plusieurs examens, qu'il est malade. Un lymphome folliculaire (non hodgkinien). Une sorte de cancer qui touche le système lymphatique. Des séances de chimiothérapie s'imposent. Le traitement sera lourd et les conséquences également. La vision des choses de Cédric change. Il a besoin de soutien. Soutien qu'il obtient de tous ces amis. Il est fort. En arrêt maladie pendant plusieurs mois, il passe ses journées avec son chat Bounty, tout jeune chat que l'on a receuilli à l'annonce de sa maladie. Il s'adonne à sa passion, les aquariums, la mécanique et la pêche.

 

 

Notre couple est fort et resiste à cette première tempête. Il est impératif de rester soudés et l'amour est plus fort que la maladie.

 

En mai 2006, le medecin lui annonce, à l'issue de ses cures de chimio, que la maladie a reculé d'au moins 70%. Il reste des cellules malades mais ce sont des cellules "dormantes". Cédric est en rémission. Il reprendra le travail dabord en mi temps thérapeutique puis enfin, en janvier 2007, à temps plein. La maladie reste dans son esprit, il vit avec mais le medecin reste optimiste et ne prévoit une rechute que plusieurs années après, avec de la chance, d'ici une dizaine d'années.

 

Le temps passe, nous essayons de sortir la tête de l'eau. Son arrêt maladie prolongé nous a occasionné pas mal de problèmes financiers et nous cherchons à nous en sortir pour enfin en profiter un peu et voir dans l'avenir. Finalement ce n'est que plusieurs mois après que nous trouvons la solution à nos problèmes d'argent. La commission de surendettement. Nous serons alors interdits bancaires pendant deux ans. Impossible pour nous de faire des projets comme avoir un enfant ou acheter un logement avant un ou deux ans. Deux années qui s'annoncent difficiles...

 

Cédric est suivi entre temps par son medecin régulièrement pour sa maladie. Rendez vous de contrôle, prises de sang tous les 3 mois et scanner tous les 6 mois.

 

Et puis en janvier 2008, le rendez vous avec le medecin n'est pas trés positif. La rechute est imminente. La maladie évolue. Cédric doit maintenant penser que d'ici quelques mois il devra de nouveau refaire des séances de chimiothérapie. Cette idée est difficile à accepter pour lui. D'autant que le medecin nous annonce qu'à l'issue de ces cures, il subira des greffes de moelle osseuse qui le rendront stérile. Cette idée nous anéanti et anéanti avec elle toute vision de l'avenir. C'est ce jour la que nous décidons de faire un enfant. Avant qu'il ne soit trop tard.

 

J'arrête ma pillule fin janvier. En avril je tombe enceinte. Cette nouvelle nous rend heureux. Nous envisageons à présent notre avenir avec un enfant.

 

Mais le destin en a décidé autrement, c'est à l'occasion de la première echographie, en juin 2008, que l'on nous annonce que l'enfant que je porte ne naîtra pas. La grossesse s'est arrêtée à 8 semaines. La nature en a décidé autrement. J'expulserai l'enfant le 23 juin 2008, suite à la prise de Cytotec.

 

C'est dur mais finalement tout le monde me dit que ce n'est qu'un incident de parcours. Beaucoup de femmes font une fausse couche lors de la première grossesse. J'accepte cette fausse couche avec beaucoup de facilité. Je garde espoir de retomber enceinte aussi vite et surtout avant la rechute et le traitement de Cédric.

 

Cédric, quant à lui passe un scanner en juillet. Ce scanner n'est pas bon. Il confirme l'iminence de la rechute. Le medecin continue de temporiser et souhaite encore attendre quelques mois. Il souhaite rapprocher les rendez vous de contrôle. Tous les 2 mois contre 3 auparavant. Prochain scanner en janvier 2009.

 

Le temps nous est compté mais cette précipitation et l'impatience ne joue pas en notre faveur. En décembre, j'ai perdu tout espoir de faire un enfant avant janvier et nous sommes persuadés que le scanner de janvier sera le bon. Si nous n'arrivons pas à concevoir un enfant avant la première cure de chimio de Cédric, nous serons alors contraints de passer par la PMA et par la Fécondation In vitro avec du sperme que Cédric a congelé. Et tout ceci arpès que Cédric ait été déclaré stérile, c'est à dire après tout le traitement .... autant dire une éternité !

 

Le 5 janvier 2009, date à laquelle j'aurai du accoucher de mon enfant, lors de ma première grossesse, je suis déprimée et je suis persuadée que je n'y arriverai jamais. D'autant que l'état de santé de Cédric se dégrade. Sueurs nocturnes, fatigue, ganglions lymphatiques qui grossissent...


Et puis le 6 janvier, un doute, une intuition. Je fais un test de grossesse et la je découvre que je suis enceinte. Je commence à me dire et à espèrer que 2009 sera une bonne année en tout cas elle commence bien ...

La naissance de cet enfant est prévue pour le 23 septembre. Quelques jours avant les 30 ans de Cédric, lui qui voulait être papa avant son trentième anniversaire ... et surtout à point nommé à la fin de notre surendettement.


Et puis c'est l'écatombe. La grand mère de Cédric qui décède, et puis sa nourrice. Cédric va pas bien du tout. La date du scanner approche et il a peur. 


Le 21 janvier 2009, comme nous le craignions, la rechute est confirmée au scanner. Pire, la maladie a évolué défavorablement. Le lymphome follicullaire s'est transformé en lymphome agressif. Le traitement est plus lourd. Le medecin a quand même un bon espoir de guérison et prévoit un protocole de 6 séances de chimio intensive, une greffe de moelle osseuse dite autogreffe, suivie d'une "halo-greffe" ou greffe du donneur. Je positive à fond. Cédric en a besoin pour aller mieux . Je le soutiens du mieux que je peux.


La première cure commence sans tarder. La maladie qui a mal évolué a abîmer les reins de Cédric et il fait de la rétention d'eau. Finalement c'est de justesse que les medecins arrivent à "sauver" ses reins en lui posant des sondes. Ca commence mal pour lui, il n'en voulait pas. De plus, les séances de chimio sont dures. Il doit rester la semaine à l'hopital et ne supporte pas l'isolement, l'enfermement. Séjourner à l'hopital lui donne encore plus le sentiment d'être malade et il supporte pas l'idée. C'est dur pour lui. L'annonce de cette rechute le démoralise complètement mais il cherche à être fort pour moi et pour l'enfant que je porte.


De mon coté, ma grossesse se passe finalement bien. Une echo à 9 semaines confirme l'évolution de la grossesse et puis l'echographie à 12 semaines nous rassure finalement le 6 mars 2009.


Les mois et les semaines passent. Tout se passe bien. Les cures sont longues et le temps entre chaque est trop court.


Les derniers examens, prises de sang pour Cédric sont bons, il y a une bonne réponse à la chimiothérapie, la maladie recule. L'espoir est grand que les greffes l'éliminent totalement ....


Finalement le 20 mai, à l'echographie du 2ème trimestre, alors que les cures de Cédric touchent à leur fin, on nous annonce qu'il y a un retard de croissance sur notre petite fille. Je suis alors arrêtée. Le 10 juin, nouvelle echographie de contrôle sur la croissance, la doc ne semble pas trés seraine. Une atypie au niveau de la vallèe sylvienne, au niveau de l'encephale. Elle m'envoie vers un spécialiste de l'encéphale le lundi suivant. Spécialiste qui confirmera une anomalie mais sans pouvoir annoncer un quelquonque diagnostic. Je positive à taquet. Cédric ne sait quoi penser. Partagé entre les dires de sa mère qui pense déja à l'interruption de grossesse, sa prochaine greffe et mon optimisme à toute épreuve. Les rendez vous s'enchaînent cette semaine la. Consultation de génétique et puis amniocentèse le 18 juin.


Une semaine difficile pour Cédric. Trés affaibli par la dernière chimio, ses plaquettes sont basses, il est fatigué, ne dort pas beaucoup la nuit car contraint à se lever de bonne heure pour aller faire des prises de sang à l'hopital. Il attrape en plus une mycose dans la bouche, conséquence facheuse de la chimio. Il ne peut pas bien parler et mange pratiquement rien. Je n'arrive pas à savoir ce qu'il pense de tout ca. Je vis ces epreuves un peu seule finalement. Encore plus affaibli, je l'envoie chez le docteur le vendredi alors que je sort de la clinique suite à mon amniocentèse. Medecin qui ne fera pas grand chose pour lui. Son corps doit se battre.


Cédric ne passera pas la nuit. Il décèdera ce samedi 20 juin 2009, à mes cotés, à 4 heures du matin, alors qu'il n'avait pas encore 30 ans. Il ne souffrira plus maintenant. Il sera crématisé le 23 juin 2009, une date lourde de sens pour moi, celle de ma première fausse couche. Lors de notre dernière soirée ensemble, il m'avouera qu'il s'inquiète pour sa fille plus que tout.


Les jours qui ont suivi ont été les plus durs mais je continuais de positiver pour ma fille que j'ai décidé d'appeler Léa, comme Cédric l'a voulu. J'espère maintenant que tout va bien se passer, que la puce viendra au monde, pour lui, pour son papa.


Le 26 juin 2009, je passais un Irm pour obtenir un diagnostic pour ma fille. Les premiers résultats de l'amniocentèse sont bons, il n'y a pas de trisomie et son caryotype est normal.


C'est finalement quelques jours plus tard, que ma gynéco me délivre les résultats de l'IrM. L'anomalie est gravissime. Léa souffre de lyssencephalie et sera gravement handicapée à la naissance. Il m'appartient alors de prendre une décision. Celle d'interrompre ma grossesse.


Léa naîtra sans vie le 28 juillet 2009 à la maternité de Nancy, à 32 semaines, 7 mois de grossesse. Elle est partie rejoindre son papa. Mes deux anges veillent sur moi à présent et ma vie ne sera jamais plus la même....

Publié dans : Qui suis-je ?
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