La rencontre de ma vie. Léa

Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 19:22

ruband10.gif Cette nuit j'ai fait un rêve qui m'a fortement perturbée. Un rêve si riche en émotions que j'en ai gardé le souvenir de chaque sensation ...

 

Je ne me souviens plus de tous les détails mais en gros j'étais dans un endroit (dont je n'ai plus aucun souvenir) et j'ai été prise d'une sensation bizarre au niveau du ventre. Comme si j'avais un enfant qui bougeait en moi. Cette même sensation lorsque Léa bougeait dans mon ventre, les semaines avant mon accouchement. J'ai regardé mon ventre et j'ai vu une boule bouger en relief, comme une petite tête. Puis une contraction, la sensation que "quelque chose descendait". Et ensuite une sensation de mouillé entre mes jambes. Je venais de perdre les eaux. J'étais en train d'accoucher. Ces sensations étaient si fortes et si proche de ce que j'ai vécu lorsque j'ai mis au monde Léa que ça m'a révéillée toute perturbée... (en vérifiant au passage si je n'avais pas fait pipi au lit - lol). 

Me suis vite rendormie pour avoir la suite du rêve ... parce que malgré les souvenirs je voulais comprendre. 

 

Je me suis retrouvée dans une pièce. Dans un petit coin, une baignoire remplie d'eau ... et ma fille complètement immergée. Je l'ai sortie de l'eau et ai dit à ma maman qui était la "Elle est morte, ça fait une heure qu'elle est dans l'eau. Je suis pas une bonne mère, je n'ai pas les capacités pour m'occuper d'elle. J'y connais rien."

 

En fait, je venais de faire un déni de grossesse. Ma grossesse m'avait été révèlée qu'au moment de mon accouchement. Et ma fille c'était Léa

 

Maman m'a rassurée. "Mais non ça va aller". J'ai regardé ma fille et l'ai serrée contre moi. Petit à petit elle a repris vie dans mes bras. Et s'est mise à pleurer. 

 

Maman m'a alors dit qu'il fallait que je la nourisse, que je l'habille. Comme je ne savais pas que j'étais enceinte, je n'avais rien chez moi pour m'occuper d'elle. Je l'ai enveloppée dans un drap et c'est tout naturellement que j'ai soulevé mon tee-shirt. Mes seins avaient doublé de volume. J'ai alors approché ma fille et elle s'est mise à têter. J'étais en train d'allaiter pour la première fois.

 

Je l'ai ensuite mise au lit. Complètement perdue, j'étais partagée entre la joie et la peur de ne pas savoir comment m'occuper de mon enfant. Lorsque je l'ai couchée, je me suis dit "bon elle va dormir 2 heures et puis je pourrais à nouveau la nourrir. "

 

Je l'ai laissée et suis allée dans une autre pièce. Une pièce remplie de gens. Je crois que ca devait être une sorte de vin d'honneur pour un mariage ou un truc du genre. Et puis les 2 heures ont passé. Une personne me parlait, me parlait. J'étais paniquée. "Non mais faut que j'aille voir ma fille ". Et cette personne ne voulait pas que j'y aille. J'avais l'impression d'être seule à savoir que ma fille était la bas. Comme si elle n'était qu'un fantôme, un enfant imaginaire que les autres ne voyaient pas. Je n'arrivais pas à y aller ... j'étais comme retenue par une force invisible.

 

J'ai réussi à me libérer et j'ai couru. Je suis arrivée dans le "bâtiment" ou j'avais laissé ma fille. C'était une usine. Il y avait le bruit des machines et puis au loin, un enfant pleurait. Ma fille. Je l'ai reprise dans mes bras, elle s'est arrêtée de pleurer et je suis redescendue avec les autres.

 

La j'ai rencontré mes patrons. Prise de conscience. J'ai pensé "comment je vais faire pour aller travailler.... ah mais non c'est vrai .... je suis en congé maternité."

J'ai été voir l'un de mes patrons. Lui ai présenté ma fille "Voila, j'ai fait un déni de grossesse. J'ai accouché cette nuit. Je suis en congé maternité, il faut que vous trouviez quelqu'un pour me remplacer."

 

Et je me suis réveillée. Mon premier regard au réveil s'est posé sur la photo de Léa sur ma table de nuit. C'était elle. C'était elle que j'avais eu dans mes bras, dans ce rêve ...

 

Ce rêve, à la fois perturbant et révèlateur, m'a rappelé des souvenirs. Par l'allaitement, j'ai vécu ce lien si particulier d'une mère et de son enfant. Ce que je n'ai jamais pu vivre avec ma fille. J'ai profité de chaque instant de ce rêve, bien qu'effrayant, et je ne veux pas perdre ce souvenir.


 

Qu'est ce que ce rêve révèle ? 


 

"Rêver d'un bébé confirme un réajustement dans votre vie, des aspirations nouvelles. 

Vous accouchez : on croit vous connaître, mais vous n'avez pas encore tout montré de vous même. Une nouvelle vie va commencer.

Vous bercez ou allaitez un bébé : vous subissez une pression trés forte face aux évenements. Confiez vous à celui de vos proches qui peuvent vous écouter avec bienveillance, sans jugement ni conseils hâtifs. Par ce simple abandon à l'autre vous devriez y voir plus clair. 

Vous entendez un bébé qui pleure : vous vous sentez démuni, incapable de vous exprimer, ni de trouver les moyens pour mettre vos désirs en action.

 

Vous voyez quelqu'un mourir : vous êtes en pleine métamorphose. Chrysalide vous devenez papillon. Vous laissez derrière vous l'inutile, tout ce qui gêne la suite de votre évolution. La transformation radicale de votre vie est bel et bien annoncée. Toutefois cette mutation implique bien un deuil.... "


 

D'après l'un de mes livres sur les rêves, il serait synonyme de renouvellement. De changement dans ma vie. Mais pour que ce renouvellement se fasse, je dois me libérer de mes peurs. Je dois faire un deuil. Je serais dépassée par les évenements. Tout ce qui se passe en ce moment, dans ma vie. Ma vie professionnelle, amoureuse. J'ai envie d'avancer mais j'ai peur de l'avenir. J'ai peur de ne pas être à la hauteur. J'ai peur de sauter le pas, de mettre en route ce bébé. J'ai peur de me planter, de ne pas être prête. J'ai peur d'aller trop vite. 

Je dois faire le deuil de Léa, me libérer de toutes ces peurs. J'avance ... Ce n'est pas seulement à cause de ma formation que nous avons décidé de reporter ce beau projet mais surtout, je veux être sure d'être prête. L'échéance qu'on s'est donnée approche. Peut être que tout est lié. Peut être est ce parce que demain c'est la journée internationnale du deuil périnatal. Peut être est ce parce que l'année dernière à la même période, nous avions décidé d'avoir cet enfant. Décision que nous avons ensuite reportée ... 

 


 


 


 

 


Publié dans : La rencontre de ma vie. Léa - Communauté : Deuil Perinatal
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 21:39

Pourquoi ai-je l'impression de déprimer en ce moment ? Alors que tout va pour le mieux avec Steven, je ne cesse de penser à ma petite Léa. Elle aurait eu 2 ans le 28 juillet dernier et ce cap est encore un cap difficile à passer. Je n'ai cessé de penser à elle, à me demander à quoi elle aurait pu ressembler et je l'imagine courir partout. 

 

Je suis jalouse de tous ces bébés qui naissent, de toutes ces grossesses qui sont révélées et de tous ces ventres ronds autour de moi. Et pourquoi ? J'ai accepté de devoir attendre la fin de ma formation pour faire un bébé et cette décision je la vit bien. Mais le plus dur c'est de voir que toutes les grossesses autour de moi aboutissent et que moi - ma petite léa - n'aura pas eu la chance de voir ce monde. Je ne souhaite cela à personne, je ne souhaite cette souffrance à personne et je pense ne jamais arriver à surmonter ma peine. 

 

Le Week end dernier - repas de famille pour les 80 ans de ma grand mère - j'ai revu ma petite cousine Margaux, la fille de ma cousine. Agée d'à peine 2 semaines de plus que Léa. Je n'avais pas réalisé, je n'avais pas remarqué le regard si particulier que je portais sur cette jolie petite fille. Je n'avais pas non plus compris pourquoi ma cousine portait ce regard sur moi, me demandant avec gène si ça va. "Oui ça va, que je répondais sans trémolo dans la voix". A l'esprit, tout ce bonheur avec Steven, notre vie commune et tous ces instants à deux, ma formation et mon épanouissement professionnel. Oui je suis heureuse, même si je porte un lourd fardeau, "des valises sur les épaules" comme me l'a si bien dit mon ostéopathe. Jusqu'à ce que je me rende compte que ma cousine avait énormément de compassion pour moi, jusqu'à ce que sa soeur m'apprenne qu'elle s'inquiète énormément pour moi lorsqu'elle se présente devant moi avec la petite margaux. Je n'avais pas réalisé ...

 

Et ce qui est arrivé ensuite est resté dans mon esprit depuis ce dimanche. Depuis le moment où maman a voulu me parler d'une autre de mes cousines. Mariée ... enceinte d'une peite fille. C'est une cousine avec qui j'ai d'excellents souvenirs, on a qu'un an de différence et lorsqu'on était petites on s'entendait à merveille. Depuis notre entrée dans la vie active, depuis bien des années, je ne l'avais plus revue. Jusqu'à l'année dernière à son mariage. Je savais de Facebook et de la famille qu'elle était tombée enceinte ensuite mais comme ça fait des années qu'on ne s'est plus parlées, on est presque comme des inconnues... Et lorsque Maman m'a annoncé que depuis bien des années, elle et son chéri désiraient appeler leur fille Léa, je n'ai pas su comment réagir. Maman avait été chargée par ma tante, elle même chargée par ma cousine de m'en parler. Savoir ce que je pouvais en penser. 

 

Qui suis-je pour lui refuser d'appeler sa fille comme la mienne ? Lorsque j'en ai parlé aux cousines et notamment à la copine du frère de ma cousine enceinte, elles étaient déja au courant. Apperemment toute la famille est déja au courant et tout le monde trouve ça dur pour moi. Moi je trouve dur d'être la dernière au courant. Je trouve dur que ma cousine ne soit pas venue m'en parler. Qu'elle ai pris ses distances envers moi ce dimanche, me regardant de loin, je l'ai vu son regard. Empreint de pitié, de compassion et d'incompréhension. Elle doit se demander pourquoi tout le monde lui dit que ce sera dur pour moi. Elle doit se demander ce qu'il adviendra si sa décision était celle ci. Mais d'après ce que j'ai compris, sa décision est prise. 

 

Ce que je ressens par rapport à ca ? Impossible de mettre des mots sur mes sentiments jusqu'à ce soir. Ecrire m'a toujours permis de comprendre ce que je ressentais. Et les larmes aux yeux, prête à sanglotter, ce que je ressens c'est de la peur, de la colère et de la peine. J'ai peur de voir le fantôme de Léa ressurgir dans les yeux de cette petite fille. J'ai peur de la colère que je pourrais avoir envers elle, alors qu'elle n'a rien demandé. J'ai peur de la fuir. De ne jamais vouloir la rencontrer. De nier son existence. A la pensée qu'une petite fille à qui ses parents auront donné le doux prénom de Léa est en train de grandir dans le ventre sa maman - ma cousine - de ma propre famille, j'ai énormément de peine. Je revis à travers elle mes propres douleurs. Je repense à ma grossesse, à ses mouvements, à mon accouchement et à notre rencontre. Et au moment ou je lui ai dit aurevoir. Je pense à cette statue au cimetière, cet ange de pierre sur lequel j'ai été me receuillir il y a de cela 3 semaines. 

 

Ce que j'ai dit à Maman ce jour la, "c'est pas comme si je voyais ma cousine tous les jours, je pense que je pourrais le surmonter.". Sauf qu'avec le recul et toutes ces émotions, je n'ai même plus envie de la voir. J'ai peur de la voir.

 

Alors que toutes ces questions fusaient dans mon esprit quelques heures après cette annonce, j'ai reçu un message d'une amie de Fac. Une amie qui a vécu la même chose que moi. Qui a elle aussi perdu son enfant. Elle m'a dit avoir mis en ligne un poème sur Facebook. Un poème destiné à toutes les mamans qui ont perdu un enfant. Ce poème, je l'ai lu le soir même. Tellement vrai, c'est ce que je pense, ce que je ressens. Et comme elle le dit " on ne peut pas comprendre si on ne l'a pas vécu". J'estime avoir beaucoup de chance dans le sens ou dans mon entourage, on me laisse en parler. On me comprend et on me soutient. Mais tout le monde ne comprend pas.

 

Je terminerai donc ces confidences par le fameux poème. En espèrant qu'un jour, j'arriverai à le vivre mieux. Je ne pourrai jamais le surmonter mais vivre avec, et prendre ce que l'avenir a à m'offrir avec philosophie, passion. Etre heureuse avec son souvenir. Sa bouille d'ange. Je t'aime Léa.

 

 


 

 

2343714916_2618d26529.jpgJe vous en prie, ne me demandez pas si j'ai réussi à le

surmonter,

Je ne le surmonterai jamais.

Je vous en prie, ne me dites pas qu'il est mieux

Là où il est maintenant,

Il n'est pas ici auprès de moi.

Je vous en prie, ne me dites pas qu'il ne souffre plus,

Je n'ai toujours pas accepté qu'il ait dû souffrir.

Je vous en prie, ne me dites pas que vous savez ce que

ressens,

A moins que vous aussi, vous ayez perdu un enfant.

Je vous en prie, ne me demandez pas de guérir,

Le deuil n'est pas une maladie dont on peu se débarrasser.

Je vous en prie, ne me dites pas

Selon vous, à quel âge votre enfant devrait-il mourir ?

Je vous en prie, ne me dites pas que Dieu

n'inflige pas plus que ce que l'homme peut supporter.

Je vous en prie, dites-moi simplement que vous êtes désolés.

Je vous en prie, dites-moi simplement que vous vous souvenez

de mon enfant, si vous vous rappelez de lui.

Je vous en prie, laissez-moi simplement parler de mon enfant.

Je vous en prie, mentionnez le nom de mon enfant.

 

Je vous en prie, LAISSEZ-MOI PLEURER 

Publié dans : La rencontre de ma vie. Léa - Communauté : Deuil Perinatal
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 16:08

Ces derniers jours j'ai beaucoup pensé à elle. Pas de date particulière, pas d'évenement particulier. Peut être que l'annonce de nouvelles grossesses dans mon entourage me rappelle qu'elle n'est plus la. Et puis j'ai un grand besoin de penser à elle, un grand besoin de combler un manque. J'ai besoin qu'elle soit la bien plus que dans mes souvenirs, sur mon blog ou sur un album photo. Et comme si c'était fait exprès, je suis tombée sur une application sur Facebook la semaine dernière. Une application symbolique qui m'a permis de combler ce manque.

 

Le principe est de lacher "virtuellement" un ballon dans le ciel. On peut y ajouter un texte, une photo. Ce ballon est alors attrapé et relancé par d'autres personnes. Il voyage en France ou dans le monde. L'histoire de Léa est connue de tout ceux qui attrapent ce ballon. Elle n'existe plus que pour moi, ma famille ou mes amis. Elle a une existence dans le monde et sur cette terre, et chaque personne qui attrape le ballon a une pensée pour ma fille. Ce n'est qu'une application comme une autre sur Facebook mais c'est tellement symbolique pour moi.

 

Samedi soir, l'une de mes meilleures amies est venue nous rendre visite. Enceinte de 7 mois, elle est aujourd'hui au terme ou est née Léa. Nous avons parlé accouchement, grossesse, bébé pendant le repas. Je parle de tout ca avec aisance. Je n'en souffre pas et même ca me fait du bien d'en parler. Parce que moi aussi je l'ai vécu.

 

Mais la ou mon coeur a été touché c'est au moment ou elle a décrit le lien qui pouvait unir une maman à l'enfant qu'elle porte. Pendant 9 mois, un lien si fort, un amour naturel et tellement beau que la naissance, bien que difficile et douloureuse, n'est rien à comparé avec ce qu'il vient après.

 

- Ce qu'il vient après. -

 

Intérieurement, alors que je l'écoutais parler, si radieuse et heureuse qu'elle soit, j'ai eu cette pensée qui m'a fait mal, trés mal. "Et ce lien, je l'ai ressenti. Et puis il s'est brisé." Rien qu'en écrivant ces lignes je suis pleine d'émotions. Oui parce que j'ai ressenti à ce moment la, un manque trés fort, c'est la première fois que je ressentais ca depuis que c'est arrivé.

 

J'ai été triste et j'ai souffert du fait que je n'ai pu lui donner la vie. Parce que c'était injuste que la nature ai du retirer la vie à une si belle chose, qu'elle n'ai pu lui donner une chance dans ce monde. J'ai souffert d'avoir perdu le seul lien qui me rapprochait du souvenir de Cédric. J'ai souffert de n'avoir pu donner la vie à la petite fille de mes parents, à la filleule de ma soeur et à la nièce de mes frères.

 

Mais jamais en 1 an et 3 mois, je n'ai pensé à ce qui avait été brisé en moi. A ce désir de maternité. A ce lien trés fort qui aurait pu m'unir à elle pour le restant de mes jours. Lorsque je vois mes amies, cousines, collègues et la relation qu'elles ont avec leur bébé, à ce qu'elles vivent en ce moment et à tout l'amour qui ressort de leur mots, leurs photos, j'ai une pointe de jalousie. Je suis heureuse pour elle et je me dis qu'un jour ce sera mon tour.

 

Aujourd'hui, j'imagine que Léa aurait 15 mois. Qu'elle marcherait probablement et qu'elle dirait quelques mots. Je l'imagine en petite robe, j'imagine comme elle serait belle et comme je pourrais l'aimer. Ce que je n'ai jamais imaginé auparavant.

 

Steven a vu que ca n'allait pas fort samedi soir. Lorsque je lui ai dit que je n'étais pas dans mon assiette, il a tout de suite compris. Il m'a consolé en me disant que je tomberais à nouveau enceinte et que je vivrais à nouveau tous ces moments.

 

Je lui ai répondu "oui mais ce ne sera pas Léa." Non ce ne sera pas elle. Ma fille est unique et l'amour que je lui porte encore aujourd'hui est unique.

Publié dans : La rencontre de ma vie. Léa - Communauté : vie de mamange
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 28 juillet 2010 3 28 /07 /Juil /2010 00:10

L-a.jpgPresqu'un mois que j'ai déserté la blogosphère mais à l'instant même j'ai ressenti un grand besoin d'écrire. Je n'arrivais pas à dormir, je savais bien pourquoi et c'est lorsque à minuit j'ai versé les premières larmes que j'ai compris. Je viens de me repasser le film de ces quelques jours de bonheur et de tristesse, il y a tout juste un an. La main posée sur mon ventre comme pour rechercher les sensations de ses coups de pieds, j'ai repensé à ces derniers moments. J'ai ressenti les odeurs, chaque moment de sa naissance, j'ai ressenti à nouveau l'amour qui est naît lorsqu'ils me l'ont mise dans mes bras. Tout ce que j'ai ressenti immédiatement. Cette petite chose, si belle, si fragile, mon sang, pourquoi elle ??

 

Ca fait mal de repenser à ce que j'ai vécu. J'ai été forte, j'ai pris les bonnes décisions, je me suis relevée. Mais seule. Ma fille, ma petite Léa elle n'est plus la.

 

Je l'aime du plus profond de moi et ca fait mal. Je n'arrive pas c'est trop dur.


Ca va pas.

Publié dans : La rencontre de ma vie. Léa - Communauté : Deuil Perinatal
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 11:56

Après tous ces questionnements, ces rêves bizarres, j'en suis arrivée à une conclusion. Je suis aujourd'hui prête à me lancer dans mon travail de deuil. Et comme j'en avais parlé à ma psy, la meilleure façon pour moi d'avancer est de sortir de ce déni.

 

Mon deuil, périnatal, est resté au point ou il en était il y a plusieurs mois. Consacrée en totalité à ma tristesse suite à la mort de Cédric, j'ai mis de coté tout ce que je ressentais par rapport à ma grossesse et à mon accouchement. Lorsque je suis sortie de la maternité, j'ai enfermé ma douleur dans une boîte. Je n'ai toujours vu que les bons cotés de ma grossesse et n'ai toujours pensé qu'aux meilleurs moments. J'ai souffert lorsque j'ai rencontré d'autres enfants, lorsque j'ai appris des nouvelles grossesses et lorsque des amies m'ont annoncées leur fausse couche, raconté leur img. Petit à petit, la boîte se remplit et petit à petit je sens qu'il est temps que je deverse ma tristesse, que je pleure ...

 

Pour sortir de ce déni, je dois prendre le taureau par les cornes, me forcer à regarder la vérité en face. Avancer tout en me sentant forte, soutenue et utile. J'ai ce projet en tête depuis plusieurs mois et je me suis lancée. J'ai adhéré hier à l'association "Petite Emilie". Association de soutien et d'accompagnement des personnes victimes d'un deuil périnatal ou d'une interruption médicale de grossesse. Cette association intervient auprès des pouvoirs publics et des proffessionnels de santé pour faire avancer les choses, pour sensibiliser au choc que peut être la perte d'un enfant. Elle organise des rassemblements, des cérémonies du souvenir, et aide beaucoup aux démarches. Un forum de l'association est ouvert à tous.

 

J'ai aujourd'hui commencé mon travail. J'ai commencé à lire les histoires des parents et je me rend compte que l'effet est bien la. Ces histoires me replongent dans ma propre histoire, je revis toutes étapes de mon Interruption de grossesse, et je revis la souffrance de la perte de Léa. Les récits me touchent au plus profond de moi et m'ouvrent petit à petit les yeux. J'ai envie de pleurer. C'est dur. Tellement dur que j'aurai envie de tout laisser de coté pour replonger dans mon déni. Mais je dois être forte. Aller doucement. Le soutien des mamanges sur le forum est une vraie mine d'or. Après avoir raconté hier mon histoire, j'ai reçu pas moins d'une vingtaine de message de soutien, de courage. Et puis je sais que Steven sera la aussi pour moi. Et mes proches aussi.

 

A croire que je suis masochiste de me faire souffrir à ce point alors que tout allait pour le mieux. Mais je suis prête. Je veux aller de l'avant. Il est temps ...

Publié dans : La rencontre de ma vie. Léa
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 8 avril 2010 4 08 /04 /Avr /2010 10:30

Depuis ce week end, je n'ai cessé de me poser des questions. Ma relation avec Steven prend une telle ampleur et me rend tellement heureuse que je vois devant et je commence à penser à l'avenir. Vendredi dernier, je suis allée dormir chez lui. Nous avons passé une excellente soirée devant un film d'horreur. Une soirée caline et coquine. Si bien que juste après l'amour, tellement bien, tellement plein d'amour, de sa bouche est sortie ces mots "C'est quand qu'on fait un enfant?". Des mots sortis comme ca, sans réflexion, comme on sort un "je t'aime" pendant un orgasme. J'en suis restée bouche béé. Mon coeur a fait un bond. "Eh du calme mon coeur, doucement la ...". Quelques minutes plus tard, debout pour aller se rafraichir, boire un verre de coca, il rallume la télé, juste pour voir ce qu'il y a à cette heure ci et tombe sur "C'est quoi l'amour". Un sujet traite d'un couple ayant des triplés. Steven est scotché à l'écran, le sourrire aux lèvres. Il en rêve. Pas de triplés mais du bonheur d'avoir des enfants, d'être papa. Il me fait peur mais je trouve ça touchant.

Pourtant, même si ces mots n'étaient pas sérieux, il n'empêche que tout ca m'a fait un drôle d'effet. J'y ai pensé et j'y pense encore. Et j'en ai rêvé. Deux fois.

 

Le premier rêve, ou peut être plutôt cauchemar, c'était dans la nuit de dimanche à lundi. Un rêve trés détaillé, bizarre et troublant. Je rêve que je suis prise en otage.

 

" Dans la première partie de mon rêve. Un train. Toujours ce train, j'en rêve trés souvent. Je rêve que je cours pour le prendre. Je suis en retard, je vais le louper. Steven lui est déja dedans. C'est le train qui va à Paris. Je crois que finalement j'arrive à l'attraper mais sans certitude car je me retrouve à Paris et rejoins Steven sur une Place. Je ne me souviens pas du reste.

" La deuxième partie de mon rêve, je ne sais pas si elle a un quelquonque rapport, je suis prise en otage. Le lieu de la prise d'otage ressemble étrangement à mon ancien lycée (la encore je rêve souvent de mon lycée). On est retenu par des ravisseurs dans un sous-sol. Ils nous ont pris téléphone et chaussures. Il y a ma soeur avec moi. Nous sommes dans l'ombre, nous sommes une dizaine dans la pièce et n'avons droit qu'à une petite ampoule pour nous éclairer. A un moment, j'entend un des ravisseurs qui m'appelle. Il demande à me parler. Je vois la porte ouverte. Il y a Hélène (une copine) devant cette porte qui parle à un de ces ravisseurs, elle le convainct d'aller chercher quelque chose dans la pièce à coté, en laissant la porte ouverte. Hélène en profite pour s'enfuir. La voyant, je décide de faire pareil. Pourquoi seulement moi ? Pourquoi les autres n'ont pas suivi ? Je ne sais pas.

" Me voila qui court dans les couloirs, les escaliers, cherchant la sortie. Je me retrouve dehors, il fait nuit, je suis en pleine campagne et derrière moi, ce bâtiment semble être une sorte d'hôpital psychatrique. Pied nu, sans téléphone. Je dois impérativement aller jusqu'au prochain village et trouver quelqu'un ou une cabine téléphonique. Je cours sur la route de campagne, pendant des kilomètres. La route ressemble à celle qui va de chez ma grand mère à la petite ville la plus proche. J'arrive devant un centre commercial. En pleine campagne (!). Fermé bien sur. Il y a une cabine téléphonique. Je vais aller téléphoner.

" Quand j'arrive à proximité. Une mère est avec son petit garçon. Le petit joue avec le téléphone, il insère des cailloux dans la fente ou on met les pièces et sa mère dit rien. J'essaye de le raisonner, je lui explique que c'est pas bien. Il m'écoute. Une voiture arrive et s'arrête près de nous. C'est une voiture blanche. Un jeune homme s'arrête et me propose son téléphone portable. Je commence par téléphoner aux secours. Je tombe sur un répondeur qui dit que les ravisseurs de la prise d'otage ont relâché tout le monde. Je me rend compte trés vite que le jeune homme qui m'a prêté son téléphone est un ravisseur. J'ai peur. Il me dit qu'il va m'expliquer pourquoi j'ai été prise en otage. Que ma mère va m'expliquer. J'appelle ma mère. Au téléphone, elle m'annonce qu'elle aussi, il y a 25 ans a été prise en otage comme moi. Que ce jour la, elle a été contrainte de m'abandonner. C'est alors que sur ces mots, le soleil se lève, je me retrouve face à un fossé. De l'autre coté, des enfants. Et dans ce fossé, une vitre est en train de s'abaisser. En face de moi, c'est mon fils. Je le sais. Et le ravisseur me dit, vous devez abandonner votre fils, vous n'êtes pas encore prête. J'essaye de crier mais aucun mot ne sort de ma bouche. Mon fils! Il semble avoir 4 ou 5 ans. Et c'est alors que je prend une grande inspiration pour essayer de crier de nouveau... et j'ai en fait crié réellement. Steven m'a entendu et m'a pris dans ses bras, tentant de me rassurer. Je l'ai entendu me dire, t'inquiète pas ma puce ce n'est qu'un cauchemar ... Je ne connais pas la fin de ce rêve, de ce cauchemar et je ne saurais pas non plus l'analyser, mais me rappeler tous ces détails, c'est troublant.... "

 

Cette nuit j'ai fait de nouveau un rêve troublant.

 

" J'ai rêvé que j'étais admise à la maternité pour accoucher. Pour en fait subir une nouvelle Interruption de grossesse mais je ne sais pas pourquoi. Je suis plutôt sereine. Je me souviens que ça s'est bien passé la première fois. Je dois accoucher d'un petit garçon...

" Je me vois accoucher, je vois tout le monde s'affairer autour de moi. Je n'ai pas prévu de vêtement pour le petit et je n'ai pas non plus de prénom. Mais je l'aime déja beaucoup. Et je sais au fond qu'il va rejoindre sa soeur Léa et ca me rassure.

Seulement même si mon accouchement ne se passe pas aussi bien que celui de Léa, la suite est traumatisante. Je me suis évanouie juste après l'accouchement. On ne m'a pas présenté mon petit garçon. Quand je me suis réveillée, c'était comme si tout ce qui c'était passé n'était qu'un rêve. Tout le monde croyant que j'étais venue à l'Hôpital pour me faire opérer de je ne sais quelle pathologie.

" Je veux voir mon enfant. Je veux voir mon petit garçon, mais il n'y aucune trace de sa naissance, nulle part. Me voila, parcourant les couloirs de l'hôpital, cherchant desespèrément quelqu'un qui pourrait m'aider. Je vois les infirmières, je me retrouve même en salle de naissance, à la morgue. Personne ne sait. Tout le monde me dit que j'ai rêvé. Non je n'ai pas rêvé j'ai accouché d'un petit garçon, et personne, non personne ne veut me croire.

Et même ceux qui me croivent un peu ne savent pas ou ils ont emmené mon fils.

Je suis traumatisée, persuadée que je n'arriverai jamais à m'en remettre. Je ne veux pas nier son existence, il est la, il est né.

Et comme je n'ai même pas eu de geste d'embolisation (ils n'ont pas arrêté le coeur de mon enfant avant l'accouchement) en fait je ne suis même pas sure qu'il soit mort.... "

 

Ces deux rêves me prouvent au moins une chose. Je n'ai pas fait le deuil de Léa. Je le savais. Mais ce que je viens également de comprendre c'est que je suis dans une période ou je suis peut être prête à m'y consacrer. Peut être faudrait t'il que j'arrête de mettre cette étape de coté. Peut être qu'il est temps de tourner la page. Parce que tant que cette page ne sera pas tournée, je ne serai pas prête à penser à un autre enfant et peut être le moment est t'il venu d'y penser. Juste d'y penser ...

 

Publié dans : La rencontre de ma vie. Léa
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 11:03

Cette semaine, je suis allée voir une ancienne collègue, une ancienne collègue que je considère d'ailleurs comme une amie. J'ai toujours eu beaucoup de facilité pour parler avec elle et elle se confie beaucoup à moi. Nous avons parlé grossesse, nous avons parlé Fausse couche et interruption de grossesse.

Ce sujet de conversation m'a amené à me poser une question, des questions sur les grossesses non désirées. Les accidents existent et beaucoup de femmes tombent enceintes sans désirer de tomber enceinte. J'ai discuté récemment avec une ancienne amie du collège qui m'a avoué avoir subi un avortement il y a quelques mois, parce que suite à un accident, elle s'était retrouvée enceinte, 2 mois seulement après sa rencontre avec son copain. Elle n'a pas pu garder cet enfant. Elle a subi un IVG et a trés mal vécu cette interruption de grossesse. Elle veut des enfants mais avec une histoire qui commençait seulement, elle a fait ce choix. Un choix qu'elle regrette aujourd'hui.

Au détour d'une conversation hier avec M. nous avons parlé de ces femmes qui tombent enceinte sans que ce soit voulu. De ces femmes qui élèvent seules leur enfant. Nous avons débattu sur ce sujet avec lui, car pour lui c'est pas normal. La religion musulmane interdit tout rapport hors mariage, alors un enfant !! Et je lui ai répondu que c'était un choix. Que si ces femmes avaient décidé de garder leur enfant, c'était leur choix.

Longtemps j'ai été contre l'avortement. J'ai toujours dit que c'était tuer que d'avorter. Mais au fil du temps, avec la maturité et deux grossesses qui se sont mal finies, j'ai compris. J'ai lu après mon interruption de grossesse un livre sur le deuil périnatal. Sur les interruptions de grossesse. Et j'ai ouvert un peu plus les yeux, j'ai appris que ces femmes qui avortent souffrent, et même si c'est un choix, c'est toujours difficile, même à moins de 12 semaines de grossesse, de tuer l'enfant qui vit en vous.

Alors cette question, je l'ai vraiment retournée dans tous les sens. J'ai réfléchis longtemps pour y trouver la réponse.

Si je tombais enceinte accidentellement aujourd'hui. Qu'est ce que je ferais ?

Je le garderais.
Et même si ca ne fait que 3 mois qu'on est ensemble avec M. Et même si je n'ai pas fait mon deuil de Léa. Et même si je ne suis pas sure de rester avec M. toute ma vie. Et même si je n'ai que 26 ans et peut être encore du temps.
Il est impensable pour moi d'interrompre cette grossesse. De subir un IVG. De risquer de tuer un enfant qui serait peut être en bonne santé. Après 1 fausse couche et un IMg, rien n'est sur pour moi de mettre au monde un jour un enfant en bonne santé.
Il est impossible pour moi de revivre un tel traumatisme.

J'en ai discuté avec M. hier. Je lui ai un peu fait peur mais j'ai voulu lui ouvrir un peu les yeux.
Par sa religion, une grossesse "accidentelle" aurait de grosses conséquences. S'il décidait de reconnaître cet enfant, il faudrait qu'il vive avec l'idée que cet enfant a été conçu hors mariage, en dehors des règles imposées par l'islam. Il faudrait qu'il mente à ses parents.
Il faudrait qu'on se marie, trés vite.
Je crois qu'il ne s'est jamais posé la question et qu'il a peur de se la poser.
On en avait bien sur parlé, on avait bien sur parlé d'avoir chacun des enfants, avec ou sans l'autre, mais dans un avenir un peu plus lointain. Il n'est pas prêt à être papa. On a le temps qu'il me dit toujours.
Suis-je prête moi, à être maman ??

Je ne lui imposerais rien. Je serais prête, s'il décidait de ne pas le reconnaître, à élever cet enfant seule.
Oui c'est ma décision.

J'avais envie de vous en faire part, parce que je me suis vraiment posée cette question. Cette question que je trouve légitime et importante.
Oui j'y ai réfléchi mais vous inquiètez pas, non je ne suis pas enceinte...

Publié dans : La rencontre de ma vie. Léa
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /Déc /2009 10:31

Hier après midi, j'avais rendez vous au Centre Médico psychologique de Nancy pour un entretien avec une psychologue. J'ai décidé de ne pas revoir la psychologue de la maternité, pour la simple raison que je n'ai pas besoin d'être écoutée mais j'ai besoin de réponses à mes questions, j'ai besoin de comprendre. Et un simple coup de téléphone au hasard dans ce CMP, je suis tombée sur une personne absolument adorable, qui a su m'écouter sans avoir de regard de pitié, et qui a su me répondre. Elle m'a parlé de beaucoup de choses, de réactions sur le deuil, sur le chagrin et la tristesse. Avec elle j'ai pu comprendre pourquoi je me sentais si mal, 4 mois après. J'ai failli pleurer quelques fois lors de l'entretien, tellement je me suis confiée, tellement j'étais à l'aise. Cet entretien m'a fait un bien incroyable et je me suis sentie libérée lorsque j'en suis ressortie, plus d'une heure plus tard.

J'ai un travail à faire, j'ai des étapes à franchir. Des étapes que je n'ai pas franchies plus tôt et que j'aurai du.

Lorsque Léa est née, j'ai eu le choix de faire ou non des funérailles. J'ai choisi la facilité, j'ai eu peur de souffrir, d'avoir à revivre une seconde fois une épreuve difficile. J'ai décidé de lui dire aurevoir à la maternité et de leur confier son corps, afin qu'elle soit insinérée et ses cendres répandues dans le jardin du souvenir, au cimetière du sud. Lorsque j'ai passé les portes de la maternité, j'ai tourné la page. Trop vite malheureusement.
Seulement au fond de moi, et par la suite j'ai regretté. Je n'ai jamais osé le dire à personne. J'ai regretté car finalement j'ai pris ça comme un abandon. Comme si après l'avoir mise au monde, je l'avais abandonnée. Et pour ne pas en souffrir, j'ai gardé tout en moi.
La psychologue m'a également dit que c'est une erreur d'avoir fait ce choix. Que ces rituels, ces funérailles sont la pour aider à faire le deuil, à réaliser et à accepter. On ne doit pas s'empêcher de souffrir, on ne doit pas se retenir de pleurer.

C'est de garder tout en moi, en voulant me protèger car à ce moment, je souffrais de l'absence de Cédric, que j'ai enfoui mes sentiments, ma souffrance. Aujourd'hui alors que je me libère par rapport à Cédric, j'ouvre les yeux. Quand le vase est plein et qu'on y rajoute une goutte, il déborde. C'est ce qui est arrivé. De voir la petite fille de Cindy, a fait déborder ma souffrance et aujourd'hui je me suis rendue compte que j'en souffre et je suis perdue.

Alors elle m'a donné des conseils, des objectifs pour m'aider à surmonter tout ca. Ca prendra du temps et ca risque d'être douloureux, mais après je me sentirai mieux. La première chose qu'elle m'a conseillé de faire est d'aller me recueuillir au jardin du souvenir. Je n'y suis jamais allée. Pourquoi ? Parce que intérieurement je n'ai jamais voulu réaliser qu'elle était la-bas, qu'elle était partie. Comme pour nier sa mort. Parce que j'ai eu peur de souffrir, de pleurer, de réaliser tout ce qui était arrivé. Ca va être dur mais je dois y aller. Je ne sais pas avec qui, je ne sais pas à qui demander de m'accompagner. J'ai envie de me retrouver seule avec elle pour relacher tout le chagrin que j'ai en moi mais en même temps, j'ai peur d'avoir vraiment mal et de me retrouver seule en quittant le cimetière ...

Ensuite elle m'a conseillé d'avoir une plante chez moi, une plante qui me rappellerait Léa, comme pour m'accompagner dans les épreuves de ma vie. Le jour de mon accouchement, Martine, ma tante est venue me soutenir à la maternité, elle m'a apporté une orchidée blanche. Blanche comme l'espoir. Cette orchidée a bien sur fané depuis mais elle est toujours dans mon salon, je lui ai reservé une place bien à elle, sur une étagère spécialement pour elle. Et je m'en occupe beaucoup. Je crois qu'inconsciemment j'ai identifié cette orchidée à ma fille. Et hier quand je suis rentrée chez moi, j'ai jeté un oeil sur mon orchidée et j'ai vu qu'elle me faisait un bourgeon. J'ai souri. J'ai pris ca comme un signe de ma fille me disant "courage maman, je suis la, je vais t'aider à t'en sortir".

J'ai également décidé d'aller au bout de mes formalités pour faire la reconnaissance de paternité et pour que Léa apparaissent sur mon livret de famille comme étant la fille de Cédric. Pour l'instant elle est sur mon livret de famille, comme étant ma fille, inscrite comme enfant née sans vie. La psychologue m'a dit que c'était important que cette petite fille fasse partie de la famille, que la plupart des gens qui subissent ce genre de drame, font même apparaître l'enfant sur leur arbre généalogique. Parce qu'elle fait partie de ma vie, de mon histoire et qu'il est important que je la reconnaisse comme tel. C'est d'autant plus important pour les naissances à venir, pour mes futurs enfants, qu'ils sachent que Léa a existé, qu'elle a grandit en moi, que je lui ai donné tout l'amour qu'on peut donner à son enfant. Il est aussi important que je termine mon album souvenir.

Et puis surtout elle m'a dit de ne plus refouler mes sentiments. De pleurer lorsque j'ai envie de pleurer, de crier lorsque j'ai envie de crier. Et lorsque je ressens de la colère, de l'extérioriser, de casser des assiettes, n'importe quoi, il faut que je me sente mieux. Je dois passer par cette souffrance pour me sentir mieux.

Après tout ca, je me suis vraiment sentie mieux, j'ai compris pourquoi. J'ai des solutions, des buts à atteindre et des étapes à franchir. Elle m'a dit qu'elle se tenait à ma disposition si j'avais besoin. Je pense que j'irai la revoir lorsque j'aurai franchi toutes ces étapes. Ou avant si c'est trop dur. Et surtout elle m'a conseillé de revenir la voir pour un suivi lors d'une grossesse future, afin que je vive mieux ma grossesse et que tout se passe bien psychologiquement.

Publié dans : La rencontre de ma vie. Léa
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 09:14

Alors que je passais hier une excellente soirée avec mon chéri, entre calins, bisous et fous rires, j'ai eu d'un coup un énorme coup de blues. J'ai repensé à Léa et à ce qui m'étais arrivée. J'ai le regard qui a glissé, alors que j'étais les yeux dans les yeux avec mon amoureux allongés dans le lit, mes yeux se sont soudain posés sur une photo affichée au dessus de mon bureau, celle de Léa. Et sans attendre, mes larmes se sont mises à couler sur mes joues. Mon chéri a eu l'air gêné, ne savant que dire. Et puis il m'a consolé en me disant que la vie était certes injuste mais que si elle infligait tant de souffrance c'est pour mieux rebondire ensuite, qu'à partir de maintenant je serais heureuse et que je le méritais.

Le sentir à mes cotés dans ce moment de tristesse incontrôlé m'a fait le plus grand bien. Je me suis sentie soutenue et pas du tout seule. Il n'empêche que ces larmes sont quand même la, au fond de moi. Une tristesse jusqu'à maintenant refoulée qui refait surface. A moi de me battre contre ça, à moi de me relever, pour accepter l'innacceptable. Il faut que je passe au dessus de tout ca, que j'apprenne à vivre avec ces moments de ma vie. Je ne veux pas oublier, je ne veux rien oublier. Aller de l'avant. Ne plus être triste à l'annonce d'une prochaine naissance, ne plus souffrir lorsque je vois un bébé.

Lorsque j'aligne ces mots je me rend compte à quel point je suis perdue. Je ne sais même plus comment m'en sortir. Je crois que je n'y arriverai pas seule.

Je viens de prendre conscience que j'avais besoin d'aide.

Publié dans : La rencontre de ma vie. Léa
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /Nov /2009 11:57

Vendredi, je reçois un sms de Julie. Bonne nouvelle. Cindy a accouché ! Une petite fille prénommée Justine. Elle me propose d'aller lui rendre visite à la clinique le soir même, ce que j'accepte bien vite.

A 19h Julie passe me prendre. Je suis déja bien contente de la voir ca faisait si longtemps ! Arrivées à la clinique Majorelle, ca me fait tout drôle de me retrouver dans ces lieux, la dernière fois c'était pour l'annonce du diagnostic de Lyssencéphalie de Léa. Nous sommes passées devant la salle d'attente ou nous étions avec Maman juste après, et ou j'ai éclaté en sanglots dans ses bras. Durs souvenirs.

Et puis on arrive dans la chambre. On salue Cindy, Philippe l'heureux papa et Peggy une amie de Cindy venue lui rendre visite. Et puis on se penche chacune notre tour sur le berceau. J'ai un choc. La première image que je vois c'est Léa. Pendant un dixième de seconde, je suis toute retournée. Et puis ensuite je vois le visage d'ange de la petite Justine. Ca me fait tout drôle. J'en ai vu des nouveaux nés depuis mon accouchement mais c'est la première fois que je vois une petite fille. Si petite, si fragile, comme Léa. Je pensais pas que ca me ferait autant de mal quand même.

Philippe la met dans les bras de Julie. Julie est toute émue ca fait tout bizarre de la voir avec un bébé dans les bras. Quelques minutes plus tard il me la tend. Je peux pas. J'ai un gros blocage. Alors que je me pensais guérie et capable de porter un bébé, en fait, une petite fille je ne peux pas. Je suis pas encore prête. Je sais pas ce que je ressens, j'ai l'impression que mes sentiments sont cloués dans un coin de moi et que j'y ai mis une barrière. Je savais que je ressentais encore quelque chose car il n'y pas moins de deux semaines, j'ai osé aller voir les photos du petit de ma cousine, enceinte de 3 jours d'écard avec moi. Ca m'a fait mal de les voir car j'ai pensé à Léa. Voir des bébés, voir des mamans me rappelle sans cesse que je suis seule et que j'ai perdu ma fille.

J'ai discuté avec Sonia samedi et je lui ai raconté. Elle est enceinte et doit accoucher d'ici fin décembre d'une petite fille. Elle m'a dit une chose qui m'a troublée et que finalement je n'avais pas pensé. Elle m'a dit qu'il fallait que je me force à tout ca, à accepter et à vivre avec, sans chercher à cacher mes sentiments. Parce qu'un jour, je risque de rejeter ma fille si j'en ai une. Elle a pas tort. Ce sont des mots qui sont durs mais qui sont vrais. Je l'ai lu dans un livre sur les interruptions de grossesse et c'est souvent ce qui arrive quand on fait mal son deuil. Alors elle m'a fait promettre d'aller la voir à la maternité lorsque sa fille viendrait au monde et de la porter.

Alors du coup, j'ai décidé de me prendre en main. J'ai repris l'album souvenir de ma grossesse que j'ai commencé il y a quelques mois et que je n'ai jamais continué. Je revis ma grossesse du début, chaque moment, chaque symptôme, toute l'histoire de Léa. Peut être que ca va m'aider ...

Publié dans : La rencontre de ma vie. Léa
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés